Lorsque l’on me demande le prix d’un chiot, la question revient souvent avec étonnement : pourquoi un tel tarif ? C’est une interrogation légitime, car lorsqu’on compare les annonces, on voit des écarts parfois très importants d’un élevage à l’autre.
Pourtant, un chiot ne se résume pas à une photo, à une couleur ou à une date de naissance. Son prix reflète surtout la manière dont il a été élevé, la sélection réalisée en amont, le temps consacré à sa socialisation, les soins reçus, ainsi que l’accompagnement proposé à sa future famille.

Ce que comprend réellement le prix d’un chiot
Le prix d’un chiot ne correspond pas seulement à ses premières semaines de vie. Il comprend aussi tout le travail effectué avant même sa naissance : le choix des reproducteurs, la réflexion autour des mariages, le suivi des lignées, les soins vétérinaires, l’alimentation, l’entretien des installations, le temps passé auprès des chiens et l’investissement quotidien nécessaire pour élever sérieusement.
Il comprend également ce qui ne se voit pas toujours immédiatement : des chiens adultes bien entretenus, un environnement propre, des chiots manipulés, observés, accompagnés, et une vraie exigence dans la manière de faire naître et grandir chaque portée.
Nous allons détailler cela ci dessous.








La santé a un coût
Pour beaucoup de clients en recherche d’un chiot, il est évident que l’élevage choisi doit être éthique et doit prendre soin de ses reproducteurs, notamment sur le plan de la santé. Mais le budget santé d’un élevage est un des plus importants, avec l’alimentation. C’est pour cette raison que beaucoup d’éleveurs choisirons une marque de croquettes « low cost » et feront des sacrifices à la fois sur les soins de santé préventifs (vaccins, anti parasitaires, détartrage …) mais aussi sur les tests de santé ou encore les soins médicaux.
Tous nos chiens sont traités à l’année contre les puces et les tiques, vermifugés 3 fois par an minimum, vaccinés tous les ans. Les chiots sont vermifugés 4 fois avant de quitter l’élevage. Nous avons également choisi de rajouter un vaccin pour les chiots à l’âge de 5 semaines (en plus de celui des 2 mois) pour garantir une protection contre la parvovirose dès le premier jour de la sortie de l’élevage, car cette maladie est la plus redoutable pour les chiots. Notre but est de garantir la meilleure protection contre les maladies à nos chiots et nos reproducteurs, mais tout ceci à un cout !
Nous estimons que nos reproducteurs ont le droit aux meilleurs soins vétérinaires adaptés à leur pathologie : nous ne refuserons pas un devis vétérinaire parce que celui ci excède la « valeur » du reproducteur ou du chiot, ce qui est souvent le cas dans des élevages peu éthiques. Nos chiens sont soignés comme n’importe quel chien de compagnie, de façon à leur apporter la meilleure espérance de vie et le meilleur confort de vie.


Autre exemple, nous avons choisi de faire de nombreux tests de santé sur nos reproducteurs pour offrir plus de garanties aux adoptants : le prix de ces tests impacte indirectement le prix de vente des chiots. En effet, chaque reproducteur est soumis aux tests suivants :
- Bilan radiographique des hanches, coudes et du bassin à l’âge de 1 an : environ 450 euros
- Bilan génétique chez wisdom panel 100 euros
- Bilan ophtalmologique à 2 et 4 ans (100 euros à chaque fois)
- Bilan cardiologique à 2 et 4 ans (100 euros à chaque fois)
Cela représente 1000 euros de tests de santé par reproducteur environ !
De même, nous plaçons tous nos reproducteurs à la retraite au plus tard à l’âge de 5 ans (contre 8 ans dans beaucoup d’élevages), mais cela signifie aussi que nous devons renouveller plus fréquemment nos reproducteurs (cela engendre des frais) et refaire plus fréquemment toutes la « batterie de tests » aux nouveaux reproducteurs.
Ces choix, qui nous semblent éthiques, nous conduisent à plus de dépenses qu’un éleveur qui ferait reproduire sa chienne de l’âge de 2 ans à l’âge de 8 ans, sans aucun test de santé …



Notre vision de l’élevage
À la maison, je défends une vision simple : élever peu, élever sérieusement, et ne jamais considérer les chiens comme de simples produits. Le bien-être des reproducteurs, la qualité de leur vie quotidienne, leur équilibre, leur santé et le soin apporté à chaque chiot font partie intégrante de ma manière de travailler. Sur les réseaux sociaux, j’essaye de partager au mieux cette vision, qui me semble essentielle lorsque l’on a un élevage : j’estime que mes chiens n’ont pas choisis d’être les reproducteurs d’un élevage, donc je dois leur offrir une vie aussi proche possible de celle qu’ils auraient eu chez un particulier.





Cela signifie faire des choix qui demandent du temps, de l’énergie et des moyens : nourrir correctement, soigner sans chercher l’économie à tout prix, entretenir les espaces de vie, renouveler le matériel, maintenir une bonne hygiène, accompagner les chiots dans leurs premières découvertes, et rester disponible pour les familles après leur départ. Par exemple, j’emmène tous mes chiens en balade en extérieur toutes les semaines, et pour cela je bloque une matinée par semaine (donc une matinée où je ne gagne en soit pas d’argent en travaillant de manière conventionnelle). Là encore, ce choix éthique impacte indirectement le prix de mes chiots.

Choisir un whippet, ce n’est pas choisir qu’un physique
Beaucoup de familles me disent qu’elles ne cherchent pas un champion, mais simplement un bon chien de compagnie. C’est parfaitement compréhensible, mais cela ne rend pas le choix de l’élevage moins important, bien au contraire.
Chez le whippet, comme dans toutes les races, la sélection ne joue pas seulement sur l’apparence. Elle joue aussi sur le tempérament, la stabilité émotionnelle, la sensibilité, la sociabilité et l’aptitude du chien à bien vivre dans son futur foyer.
Autrement dit, même lorsqu’on ne souhaite ni expositions ni compétition, on a tout intérêt à choisir un élevage qui travaille avec exigence sur la qualité globale de ses chiens.
D’autre part, les critères physiques ne sont pas là uniquement pour l’esthétique. Par exemple, j’ai pu constater au fil des ans que certains défauts d’aplomb ou de démarche étaient liés à l’existence d’une vertebre transitionnelle chez le whippet (une anomalie de la forme des vertèbres au niveau du bassin). Il y a donc tout intérêt à être rigoureux sur ce point, pour indirectement éliminer ce défaut osseux.



La socialisation fait une vraie différence
Les premières semaines de vie sont essentielles. Un chiot qui grandit dans un environnement propre, stimulant, encadré et riche en découvertes n’abordera pas la vie de la même manière qu’un chiot qui a manqué d’interactions, de manipulations et d’ouverture au monde.
C’est pourquoi j’accorde une grande importance à l’éveil et à la socialisation : découverte des bruits du quotidien, contact avec l’environnement de la maison, rencontres adaptées, présence des autres chiens et de chats , apprentissages progressifs et accompagnement des chiots qui restent plus longtemps à l’élevage. Passés 2.5 mois, les chiots restant à l’élevage recevront la même éducation et le même accompagnement que chez un particulier (sortie en ville, éducation à la laisse, à la propreté etc).
Tout cela demande du temps, de la constance et une vraie présence. Mais ce travail participe directement à l’équilibre du chiot que vous accueillerez chez vous.







Les conditions de vie comptent
Le sérieux d’un élevage ne se juge pas seulement sur de belles photos ou sur un joli discours. Il se voit aussi dans la qualité de vie des chiens adultes, dans la propreté des lieux, dans l’état général des animaux, dans leur comportement et dans l’attention qu’ils reçoivent au quotidien.
Pour moi, un bon élevage est un élevage où les chiens vivent dans de bonnes conditions, où ils sont soignés, observés, respectés et considérés comme des êtres vivants à part entière. Cette exigence a un coût, mais elle fait partie de ce que l’on paie lorsque l’on choisit un chiot issu d’un travail sérieux.
Tous nos chiens disposent par exemple de couchage moelleux et fait sur mesure pour eux : récupération de matelas ou grosses couvertures sur lesquels nous avons cousu un tissu déperlant pour le nettoyage. Mais comme ce tissu n’est pas très confortable, nous rajoutons des vetbed (qui sont des tapis moelleux) qui sont tous lavés chaque semaine : cela représente 6 à 7 cycles de machine à laver chaque semaine rien que pour laver ces vetbed !!! La pièce dans laquelle se trouve ces couchages, est une pièce attenante à notre salon, qui est chauffée à la même température que notre maison l’hiver. Là encore, lorsque l’on voit le cout de l’énergie actuellement, cela représente un investissement. Peu d’élevages chauffent les pièces de vie des chiens, ou alors elles sont chauffées pour être « hors gel » à 10 degrés. Une année, grâce à une application téléphonique reliée à notre machine à laver des animaux, nous avons vu que nous faisons en moyenne 1 à 2 machine par jour pour l’élevage, et ce tous les jours de l’année : la propreté à un coût !








Le prix reflète aussi un accompagnement
Adopter un chiot ne s’arrête pas au jour du départ. Les premières semaines, puis parfois les premiers mois, soulèvent beaucoup de questions sur l’alimentation, le sommeil, la propreté, l’éducation, les sorties, la cohabitation avec d’autres animaux ou la vie de famille.
Pour moi, cet accompagnement fait partie du travail d’éleveur. Être disponible après l’adoption, conseiller, rassurer, orienter et rester présente si une difficulté apparaît fait partie intégrante du prix payé au départ. Beaucoup d’éleveurs feront « les morts » lorsque des problèmes apparaissent : je ne me comporte jamais ainsi, même si je dois m’entretenir très souvent avec vous, du moment que le ton reste cordial !
Cela fait plus de 10 ans que j’élève (j’ai commencé en 2015), j’ai donc accumulé au fil des années de très nombreux clients. Ce travail de conseil devient donc un travail à part entière, que je continue pour autant d’assurer et d’assumer complètement. Mais là encore, j’y consacre parfois beaucoup de temps, et ce temps doit être rémunéré d’une façon ou d’une autre, car lorsque je suis là pour conseiller mes clients au téléphone ou par message, je ne travaille pas ailleurs.
Cet engagement concerne aussi les situations plus compliquées. Lorsqu’une famille traverse une difficulté, je considère qu’il est normal de rester présente et d’aider dans la mesure du possible, parce qu’un chiot n’est pas un objet vendu puis oublié. Je fais tout mon possible pour qu’aucun chiot né chez moi ne foule jamais le sol d’une SPA ou d’une quelconque association, et ne ressente jamais la détresse d’un chien qui se retrouve seul, sans famille, dans un box. Je me montre toujours la plus disponible possible quand je sens qu’un adoptant est prêt à replacer son chien. Je fonctionne toujours ainsi :
- Si la situation n’est pas urgente, alors j’accompagne le client à distance pour l’aider à trouver une famille : je publie une annonce sur mes réseaux sociaux afin de toucher un large public (et cela fonctionne généralement très bien !) et ensuite j’accompagne le client pour l’aider à trier parmi tous les appels et toutes les propositions d’adoptions afin d’une part de choisir la famille adaptée au chien replacé (s’il a des troubles du comportement par exemple) mais aussi parce que je veux que la future famille ait mes coordonnées et puisse me donner des nouvelles par la suite
- Si la situation est urgente, alors je récupère le chien le jour même s’il le faut. Je me suis ainsi vue acceuillir un mâle entier alors que j’avais plusieurs femelles en chaleurs et que bien entendu je ne pouvais pas mettre le chien qu’on m’avait rendu directement avec mes mâles entiers qui étaient, à ce moment là, très « chauds lapins ». Ce genre de situation peut se révéler très compliquée à gérer pour moi, d’autant plus qu’il faut préserver le bien être du chien qui vient d’être abandonné par ses propriétaires. Mais encore une fois, j’estime que j’ai fait naître ce chien, alors il faut assumer. Il m’est aussi arrivé d’emmener une chienne très traumatisée par son abandon chez une comportementaliste vétérinaire pour voir comment je pouvais faire pour l’accompagner au mieux et l’aider à retrouver une bonne qualité de vie
Là encore, il peut être beaucoup plus facile pour un éleveur, et beaucoup moins chronophage, de vendre et d’éviter ensuite les échanges avec les adoptants des chiots vendus : cela fait gagner un temps fou, et pas mal de soucis parfois !



Une législation de plus en plus exigeante
Ces dernières années la loi a évolué de façon à obliger toute personne décidant d’élevage à être professionnelle. Les règles à respecter sont de plus en plus nombreuses et cela représente une certaine contrainte pour les éleveurs : nombre de pièces de la maison destinées à l’élevage, surface totale des installations, installation de sondes pour mesurer les températures et hygrométrie au quotidien etc…
Qui dit professionnel dit charges sociales et je me rends compte que beaucoup de clients ignorent que lorsque l’on vend un chiot, l’argent récolté repart en partie de façon suivante :
- 20 % de TVA
- parmi l’argent restant, il faut retirer 40 % de frais d’entretien de l’élevage et frais d’élevage du chiot
- parmi l’argent restant il faut encore retirer 40 % de charges sociales
- et parmi ce qui reste, il faut encore payer les impôts !
Alors attention, je ne cherche pas à dire qu’il ne reste rien du tout, ce serait mentir, mais la rémunération d’un éleveur n’est pas trés élevée, c’est avant tout un métier passion !



Comment comparer deux élevages
Si vous comparez plusieurs élevages, je vous conseille de regarder avant tout des éléments concrets :
- Les conditions de vie des chiens adultes et des chiots.
- La transparence de l’éleveur sur sa façon de travailler.
- L’importance accordée à la santé, au caractère et à la sélection.
- La qualité de la socialisation des chiots avant le départ : pensez à regarder où les chiots grandissent et si vous pouvez rencontrer des chiots c’est encore mieux.
- Le temps consacré aux familles avant et après adoption.
- La cohérence globale entre le discours, les lieux, les chiens et les documents remis (notamment les tests de santé sont ils visibles pour les acquéreurs ?)
Un chiot moins cher n’est pas forcément une mauvaise affaire, et un chiot plus cher n’est pas automatiquement un gage de qualité. En revanche, lorsqu’un élevage investit réellement dans ses chiens, dans leur bien-être, dans leur sélection et dans l’accompagnement des adoptants, cela se reflète très souvent dans le tarif proposé. J’ai eu l’occasion d’entendre à de nombreuses reprises des personnes se plaindre d’avoir acheté un chiot dans un élevage, d’avoir des difficultés avec le chiot (que ce soit comportemental ou lié à la santé) et de ne plus du tout réussir à joindre le vendeur …



En conclusion
Le prix d’un chiot reflète bien plus qu’une vente. Il traduit une façon d’élever, un niveau d’exigence, un investissement quotidien et une responsabilité sur le long terme.
Mon objectif n’est pas de proposer le chiot “le moins cher”, mais de faire naître et grandir des whippets bien élevés, bien socialisés, équilibrés et accompagnés sérieusement, avant comme après leur départ. C’est également pour cette raison que je ne fais pas de différence de prix selon le sexe du chiot, sa couleur ou sa conformité au standard : j’estime que tous les chiots, qu’ils soient mâles, femelles, fauve ou bringé, ou encore qu’ils soient beaux ou moins beaux m’ont tous demandé le même investissement en temps de travail et en dépenses diverses et variées pour être élevés dans le respect de mon éthique.

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